Le projet
Après mon voyage dans l’Ouest, je souhaitais absolument trouver une nouvelle destination. J’en ai parlé avec ma compagne du temps et nous avons décidé d’aller vers l’Europe, qui nous intéressait tout les deux et qui semblait être l’étape logique en terme de dépaysement pour moi car nous étions après tout que des novices du voyage.
En fait, nous étions probablement des novices, mais notre motivation compensait pour cela. Nous avons donc pris nos billets d’avions et nous sommes partis vers l’aventure.
Nous avons opté pour une formule ‘back packer’ en évitant une fois de plus tout ce qui coûte cher (mais moins en excès que lors de mon voyage dans l’Ouest tout de même!) et nous sommes partis pour 3 mois explorer le vieux continent durant l’été 2005.
C’est sac au dos, remplis à craquer de tout notre matériel pour le camping, que nous sommes partis vers Milan, notre premier arrêt.
Ciao !
Ahh, l’Italie. Ses paysages variés des Dolomites à la Toscane, en passant par les centres comme Rome, Venise et Florence et par les parcs comme Cinque Terre… Que d’inspiration.
Nous avons dormis chez un contact trouvé par le site couchsurfing.com (CS), un site d’hospitalité où les gens hébergent d’autres personnes gratuitement par gentillesse d’esprit et par goût de voyage. Nous avons ensuite exploré les environs, puis sommes allés vers Trento, dans les montagnes Italiennes, où nous avons rencontré notre second contact de CS. Une communauté de jeunes dans la mi-vingtaine nous ont accueillis à bras ouverts, nous ont partagé leurs pâtes, leur vie et leur musique. Un délice de découvertes.
De fil en aiguille, nous avons rencontré d’autres personnes qui nous ont accueillis à Bologne, l’endroit au monde où j’ai mangé la meilleure crème glacée (gelato). Un véritable pêché ! C’est d’ailleurs de ce point de départ que nous sommes partis à la découverte de Venise en s’égarant dans les ruelles brumeuses et pluvieuses pour découvrir des points de vus toujours plus intéressants. Les pigeons de la place Saint-Marc sont un classique, tout comme les nombreux magasins de verreries, de dentelle et de chocolat (où nous n’étions que des spectateurs).
Après Bologne, ce fut le tour de Firenze (Florence) la magnifique, de Pisa (Pise) la touristique et de Sienna (Sienne) la médiévale.
Un arrêt obligatoire s’impose quand on visite l’Italie, soit Rome. La Rome touristique est grandiose et les vestiges de l’Empire sont présents partout, mais la Rome non touristique est aussi extrêmement pauvre et difficile. Je conseille chaque voyageur de tenter de voir les différentes parties de chaque endroit qu’ils visitent parce que c’est l’ensemble qui fait le résultat.
Rome requiert plusieurs jours (particulièrement en incluant le Vatican) et chacune de ces journées est remplie et fascinante. Un must ! Note aux campeurs = Il y a un camping de très bien situé dans la ville même.
Nous avons ensuite remonté la côté jusqu’à Cinque Terre où nous avons explorés les vignobles et les plages d’un petit village à l’autre. Une amie m’avait dit que nous devions nous y arrêter sans faute, mais je ne l’avais pas écoutée… Puis plusieurs personnes en Italie nous ont dit la même chose alors nous avons finalement décidé d’y aller. Maintenant, c’est moi qui vous le dit : Allez-y !
Qui a l’accent ?
Après nos 3 semaines en Italie, nous sommes arrivés en France. La côte d’Azur même !
Vu notre façon de voyager (aucun budget), nous devions trouver une façon de survivre à l’emplacement. Nous sommes donc restés à Menton où nous avons trouvé un sympathique camping et avons fait des aller-retour durant les journées pour visiter quelques villes et plages célèbres. Note importante pour les gens qui envisagent cette stratégie : Le camping de Menton se situe au sommet de la colline qui surplombe le village. Il faut donc prévoir que monter à chaque jour plus de 300 marches demande une certaine énergie… Une chance que les couchers de soleils étaient beaux et que cette stratégie nous permettait de voir la côte d’Azur sans la payer !
Nous avons ensuite décidé de continuer vers Montpellier, où nous avons vu par hasard le championnat de France de Kite Surfing et où nous avons eu de bonnes discussions sur le fait de travailler ou pas pendant notre séjour en Europe. Après avoir observé les possibilités de travail (limitées) et nos intérêts de visite (illimités), nous avons décidé que nous allions conserver notre stratégie de budget 0.
Nous avons eu la chance immense de recontrer l’ami d’un ami (qui est devenu un bon ami) qui vivait en banlieue de Avignon (à Bagnols-sur-Cèze), qui nous a ouvert sa maison et sa vie. Nous avons apprécié chaque instant avec sa compagne et lui, que ce soit le tour de moto, la vallée de l’Ardèche ou les fêtes de village à boire de la marquisette (beaucoup de marquisette).
Après un bon moment avec eux, nous sommes allé vers la rive de nouveau, où nous avons pris un bateau vers Bastia, en Corse. La ville de Bastia nous a semblé sale et les gens très peu accueillants, mais c’est ce qui arrive parfois en voyage… Il faut un certain timming et un certain feeling pour apprécier un endroit. Nous ne l’avons pas eu dans cette ville. Heureusement, le reste de la Corse fut pour nous une découverte délectable (Corte, Ajaccio, Bonifacio, Santa Giulia, etc). Un concentré de paysages, de mer, de montagnes, de gens fiers mais chaleureux et de routes dangereuses était au menu. Une superbe découverte.
On roule !
Après la Corse, nous sommes retournés en France, plus précisément dans les Alpes. Chamonix a été un délice. On peut y croiser des gens en manteaux de fourrure avec des objectifs professionnels de 600mm qui croisent des montagnards qui arrivent des hauts sommets, brûlés par les neiges, mais fiers de leurs exploits. Un contraste saisissant, mais fascinant.
Ce qui est magnifique d’un endroit comme Chamonix, c’est que lorsqu’on part pour sa randonnée, sa visite ou son exploration, on part directement du centre du village parce qu’on est déjà dans la montagne. Je me suis promis au sommet du Brévent que je serais de retour dans cet endroit. Je compte bien tenir ma promesse.
Nous avons ensuite loué une petite peogeot 206 (nous comptions faire beaucoup de pays en moins de temps alors l’achat rachat revenait moins cher que le train parmis tous ces pays et l’auto permettait une plus grande latitude de voyagement) que nous avons surnommé ‘Bob’. Nous avons débuté par la Suisse, un des rares endroits au monde que j’ai vu à date où je me verrais vivre à long terme. Les petits villages comme les grandes villes. Les montagnes comme les lacs. Le français comme l’allemand. Tout est intéressant.
Fait coquasse, nous avons dormis 2 nuits dans l’auto, mais l’installation était loin d’être celle de mon voyage dans l’Ouest. Disons que ce n’étaient pas du tout les meilleures nuits et que la proposition de dormir dans l’auto de nouveau devait être effacée de mes pensées si je voulais rester en vie !
Le Lichtenstein est une principauté qu’on traverse en quelques minutes, littéralement (bon, peut-être quelques heures en incluant un arrêt à Vaduz). Le cadre est le même que celui de la Suisse et s’ouvre sur le Tyrol Autrichien, où nous sommes venus voir mon bon ami du voyage dans l’Ouest qui était maintenant étudiant à Innsbruck.
Yodolé !
En arrivant, nous avons eu la surprise de constater qu’un autre de nos amis communs était en visite alors nous avons dormi, mangé et vécu tous ensemble. Nous avons fait une excursion à Neuswanstein, puis avons tracé vers Klagenfurt où nous avons vu une finale d’un tournoi FIVB de volleyball, puis ensuite vers Vienne, la grandiose.
La campagne autrichienne vaut son pesant d’or. Vienne aussi. Cette grande ville de culture, propre, belle, accueillante, ne peut qu’émerveiller le visiteur. Même les bâtiments ‘ordinaires’ ont une finition impressionnante. Vraiment une ville à découvrir et à redécouvrir. Je me suis surpris à me promettre que je serais aussi de retour dans cet endroit plus tard dans ma vie. Cette expérience a été agrémentée d’un logement gratuit grâce à CS en plein centre ville de Vienne. Gut, gut !
Après ces découvertes autrichiennes, nous sommes partis vers la République Tchèque pour camper en banlieue d’une autre ville fascinante, Prague. Nous avons visité tous les points touristiques (le pont Charles, la grande place, l’horloge, etc), mais nous avons aussi erré dans les rues de la vieille ville pour apprécier son architecture d’origine. Nous avons même trouvé un musé de la torture médiévale. Fascinant, mais extrêmement troublant. Nous vivons dans une belle époque !
Notre chemin s’est poursuivi avec les semaines qui passaient et nous avons découvert la vallée du Rhin en Allemagne. Nous avons eu une décision très difficile à prendre avant d’aboutir là parce que nous devions choisir entre le Rhin et ses châteaux ou Berlin. Je n’ai entendu que de bons commentaires sur Berlin alors (encore une fois), je me suis promis d’y aller un jour.
Heidelberg, Rothenburg, Cologne… Des vignobles, des châteaux et de la pluie ! Il faut par contre mentionner que la pluie ajoutait au caractère mystique des endroits. Et la pluie devient vraiment dérangeante seulement quand on doit camper dans une tente qui n’a pas séché !
Déjà vers la maison ?
Nous avons remonté vers le nord légèrement, soit vers la Hollande. Nous sommes allés visiter la contradictoire Amsterdam où nous avons constaté de magnifiques canaux et une belle architecture. Nous avons aussi découvert un quartier intéressant pour la richesse de la couverture du spectre humain, plus particulièrement féminin (c’est la façon la plus polie que j’ai trouvé pour décrire le Red Light District).
Le voyage approchait tranquillement de sa fin quand nous avons traversé la Belgique (Anvers, Bruxelles et Bruges) où nous avons confirmé que le chocolat est décadent et que les villages peuvent tous infliger des coups de foudres.
Nous avons dit adieu à Bob en banlieue de Paris après avoir visité Fontainebleau pour l’escalade, mais avant de visiter Paris (les Parisien sont des chauffeurs hors pairs dans leur façon d’oublier de conduire!). Fut ensuite le temps de découvrir Paris l’unique. L’architecture est magnifique, les monuments à voir sont innombrables, le Louvre est sans fin… Vraiment, l’endroit était tout indiqué pour terminer notre voyage.
3 mois avaient passés comme 3 jours, pourtant on pourrait en parler pendant 3 ans ! Je pense que sont là les indications que le voyage a été réussi et que notre exploration européenne a été un voyage de rencontres, de culture et de visites et d’apprentissage. Where next ?
Note importante : Le ‘where next’ n’est pas une indication que la fin d’un voyage n’a pas appréciée parce que je souhaite repartir avant même d’être arrivé ni une intention de placer des ‘check’ sur une liste imaginaire, mais simplement un sentiment que j’éprouve quand j’arrive à la maison et que je repense à toutes ces aventures et toutes ces histoires vécues pendant les voyages. Alors là, à ce moment seulement, je commence à brûler de l’intérieur et je ne peux éteindre ce feu tant que je n’ai pas répondu à ma question… Where next ?
Vous pouvez aussi visualiser ce texte sur le site de Nic Dumesnil au www.nicdumesnil.com/europe.html